Déconfinement. Un protocole national pour les entreprises

Le ministère du Travail vient de publier, à l'attention des entreprises du privé, les associations et centres de formation continue, un protocole de déconfinement pour préparer le retour des salariés au travail dès le 11 mai. Si les organisations patronales ou spécialistes de la santé au travail se réjouissent de ce cadre, il est aussi perçu par certains, comme le Medef, comme "très directif" et nécessitant "d'être aménagé en fonction des remontées du terrain".

Il s’appuie sur 7 points clés : le télétravail "qui doit rester la règle chaque fois qu'il peut être mis en oeuvre", l'application des gestes barrières, 4 mètres carré par salarié, le plan de circulation dans l'entreprise, la formation et l'information, la non-obligation du port du masque quand la distanciation sociale est respectée, l'interdiction des tests sanguins des salariés.

En entreprise, le protocole préconise, en plus d'un sens de circulation avec des portes d'entrées et de sorties différenciées, la mise en place d'horaires et de pauses décalés, le dédoublement des équipes... pour éviter tout "goulot d'étranglement". Un nettoyage important des surfaces touchées est à effectuer, comme l'aération des espaces fermés, toutes les 3 heures pendant 15 mn...

Son point fort : il privilégie la protection collective. Ses points faibles : les mesures préconisées "occultent toute démarche ou méthode et se taisent sur la participation des représentants du personnel, des médecins du travail, ou des salariés, et sur toute évolution ou suivi", estime Anne Benedetto, ergonome et formatrice au sein de Syndex, cabinet d'expertise pour les représentants des salariés. François Cochet, directeur santé au travail chez Secafi, cabinet de conseil pour les instances représentatives du personnel, indique, pour sa part, que le dialogue social est le grand absent de ce protocole.

Le ministère du Travail a également publié une série de fiches conseils métiers pour accompagner au mieux les entreprises, comme les salariés, dans la reprise des activités.

Source

Les Echos, 05/05/20 ; Ouest-France, 07/05/20