Politique emploi. Coup de frein sur les contrats aidés

Muriel Pénicaud, ministre du Travail a annoncé que 110 000 contrats aidés seraient activables pour le second semestre 2017, soit une réduction de 40 % par rapport au premier semestre et deux fois moins que pour le second semestre 2016. Ce recul s'appliquerait, rétroactivement, à compter du 1er juillet 2017.

Aucun contrat aidé ne serait possible dans le secteur marchand (CUI-CIE). Ceux du secteur non marchands (CUI-CAE) seraient réservés à l'Education nationale (priorité serait donnée aux accompagnants des élèves handicapés) et à la police pour le recrutement d'adjoints de sécurité. Seuls les renouvellements d'emplois d'avenir seraient autorisés.

Devant l'Assemblée nationale, Muriel Pénicaud a défini 4 priorités : l'Outre-mer, l'Education nationale, l'urgence sanitaire et l'urgence sociale.

La ministre explique son choix en citant les études de la Dares, de la Cour des comptes et de l'OCDE qui ont mis en exergue le coût des contrats aidés, leur inefficacité dans la lutte contre le chômage et comme tremplin vers l'emploi. Aussi, préfère-t-elle "investir dans la formation, dans le développement des compétences" et annonce un "grand plan d'investissement sur les compétences" lancé à l'automne.

La Cour des comptes rappelle que les 480 000 contrats aidés de 2016 ont coûté 4,2 milliards d'euros, un coût en hausse de 22 % par rapport à 2014 (404 800 contrats aidés).

Qualifié d'"erreur grossière" par la CGT, ce coup de frein a conduit l'Association des maires de France (AMF) à adresser un courrier à la ministre du Travail pour l'alerter sur les "difficultés inextricables" auxquelles sont confrontés les exécutifs locaux, notamment dans la perspective de la rentrée scolaire.

Source

Les Echos, 11/08/17 ; Ouest-France, 10-17-19/08/17