Conditions de travail. L'INRS invite les plateformes collaboratives à investir dans la prévention

Alors que les plateformes collaboratives ne se positionnent qu'en simple intermédiaire entre les travailleurs et les clients, l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), les invite, à long terme, à investir dans la prévention et à "se focaliser sur l'expérience travailleur".

Si la loi Travail a prévu la possibilité, pour les travailleurs, de souscrire une assurance privée avec un abondement de la plateforme pour les couvrir en cas d'accident du travail, peu d'entre eux ont opté pour cette mesure effective depuis fin 2017.

Selon Marc Malenfer, chargé de mission à l'INRS, l'absence de couverture "accident du travail" n'incite pas les plateforme à mettre en place des mesures de prévention. Pourtant, l'environnement collaboratif est accidentogène puisque les travailleurs sont payés à la tâche et ont tendance à travailler plus longtemps et à n'importe quelle heure pour gagner plus.

Par ailleurs, la prévention des risques psychosociaux dans le travail collaboratif est inexistante : "il n'y a pas de collectif de travail donc ni solidarité ni transfert de savoir-faire, et pas de hiérarchie avec qui dialoguer sur l'organisation du travail." ajoute-t-il.

Aussi, l'INRS invite les plateformes à jouer le rôle de relais entre les travailleurs en organisant notamment des rencontres ou des formations à l'image de ce qui est fait pour les artisans du BTP. Il est également nécessaire d'adapter les conditions de travail, faute de quoi les entreprises les moins vertueuses pourraient avoir du mal à recruter et à fidéliser les travailleurs.

Source

Les Echos, 12/01/18