Bac pro. Des pistes pour revaloriser la voie professionnelle

Un rapport remis au ministre de l'Education offre neuf pistes de travail pour réformer le bac professionnel qui concerne chaque année quelque 700 000 jeunes. L'objectif est de revaloriser cette filière et de la faire coller au plus près au monde du travail. Cette réforme s'appliquerait dès 2019 pour un bac professionnel rénové en 2022. Jean-Michel Blanquer devrait présenter son projet de refonte en avril.

Le rapport insiste particulièrement sur l'orientation avec une spécialisation progressive : en seconde, choix d'une "spécialité" au sein d'une famille de métier tout en conservant un socle commun de connaissance ; en première, choix d'une formation scolaire ou en apprentissage ; en terminale, choix d'un module d'accompagnement (recherche d'emploi ou poursuite d'études). L'idée de "familles de métiers" réduirait le nombre de spécialités (actuellement 80 en bac pro et 200 en CAP) et offrirait la possibilité aux jeunes de se réorienter plus aisément. Elle éviterait ainsi "l'hyperspécialisation" tout en améliorant la lisibilité de la voie professionnelle.

Le rapprochement entre les enseignants et l'entreprise est un autre axe fort du projet. Les enseignants du professionnel suivraient une semaine de stage en entreprise et bénéficieraient "d'immersions en entreprise à l'étranger" si possible. Des ateliers faisant se rencontrer enseignants et entreprises pourraient être mis en place afin de concilier formation et besoins de main-d'oeuvre des entreprises et d'échanger sur l'orientation et les stages des jeunes.

En 2016, on comptabilisait 665 800 lycéens professionnels, soit 38 % des bacheliers. Un tiers d'entre eux sont boursiers, deux fois plus qu'en filière générale. Seuls 10 % des bacs pro préparent leur diplôme en apprentissage.

Source

Les Echos, 23-24/02/18 ; Libération, Le Télégramme, Ouest-France, 23/02/18