Inégalité salariale. La crise sanitaire met en lumière la nécessaire revalorisation de certains métiers

Le confinement a augmenté les inégalités : femmes, jeunes, classes populaires sont les plus impactés. C’est ce que révèle une enquête de l’Ined/Ifop menée au début du mois de mai. Plus de 41 % des ménages pauvres ou modestes ont vu leur revenu baisser (20 % pour les cadres). Les jeunes sont également impactés dans cette proportion avec une augmentation significative d’un sentiment d’isolement.

Les femmes, quant à elles, seraient davantage concernées par une baisse de revenus et des arrêts de travail, tout en vivant dans des logements plus exigus. Si elles télétravaillent, les conditions seraient moins bonnes que celles des hommes : 25 % disposeraient d’une pièce contre 39 % des hommes.

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH) appelle à lancer « un grand chantier de remise à plat et de valorisation » des salaires féminins car la crise sanitaire est, selon lui, « le moment ou jamais de valoriser économiquement le soin et le service aux autres ».

Les femmes composent, dans la fonction publique hospitalière, 50 % du personnel médical (docteur) et 80 % du personnel soignant (infirmière, aide-soignante). 80 % des hôtes de caisse et 70 % des personnels d’entretien et de ménage sont des femmes, tout comme 99 % des 450 000 assistants maternels. 

Selon la sociologue Camille Froidevaux-Metterie, la crise sanitaire a permis de « prendre conscience que les tâches absolument indispensables à la vie même de notre société sont majoritairement accomplies par les femmes ». Constat partagé par sa consœur Dominique Méda qui rappellent que ces métiers sont « sous-rémunérés ».