Agroalimentaire : valoriser le secteur et former les nouveaux salariés

Le replay du wébinaire

Le replay du wébinaire

Pour ce rendez-vous du GREF Bretagne, nous nous sommes intéressés à l’industrie agroalimentaire. À l’occasion de la Semaine Nationale de l’Emploi Agroalimentaire, ce webinaire a permis d’actualiser les connaissances sur les métiers de l’agroalimentaire et sur les besoins en formation des entreprises.

L’industrie agroalimentaire : un secteur essentiel et pourtant en tension

Le secteur de l’agroalimentaire est le premier secteur industriel en Bretagne. Il est présent sur l’ensemble du territoire et produit pour un Français sur trois ses besoins en nourriture. Avec plus de 70 000 salariés, il offre une diversité d’opportunité, allant des métiers de production à la communication, au marketing, à l’informatique… Des emplois avec différents niveaux d’études requises, la possibilité d’évoluer en interne, et des recrutements sans diplômes et sans expériences sur certains métiers. Cependant, les entreprises rencontrent des difficultés pour satisfaire leurs besoins en salariés et pour maintenir ces derniers en poste.

« Ce problème d’attractivité du secteur accentue la méconnaissance des métiers et ne facilite pas la lisibilité et la visibilité des formations menant aux métiers des industries agroalimentaires »[1]

Une étude menée par l’ABEA, l’association bretonne des entreprises agroalimentaires, a tenté de comprendre ces difficultés en interrogeant les entreprises sur leurs besoins, mais aussi leurs préconisations pour intégrer au mieux certain type de poste.

Une des réponses apportées par les structures est d’accompagner les nouveaux salariés et de les former.

Une autre préconisation, qui semble être la clé de voute de la professionnalisation, est le système de tutorat. Cette réponse, mise en place par de nombreuses entreprises, permet un meilleur suivi des nouveaux embauchés.

Enfin, une piste pourrait être d’aborder l’intégration sous l’angle du tryptique « emploi/mobilité/logement » et de permettre ainsi de mieux satisfaire les réponses aux offres d’emploi.

Quelques chiffres clés

72 000

salariés

dans l’agroalimentaire en Bretagne

5,8%

des Bretons

travaillent dans ce secteur

60%

des effectifs des ouvriers

sont dans l'agroalimentaire

75%

des salariés

ont un niveau inférieur au bac

13%

des effectifs des IAA bretonnes

sont intérimaires en équivalent temps plein [2]

L'emploi et la formation dans l'industrie agroalimentaire

Une entreprise témoigne

Lors de ce webinaire, nous avons fait intervenir Pierre Baudhuin, directeur des ressources humaines de la Société Bretonne de Volaille. Il témoigne des solutions apportées pour palier à la difficulté de recruter. Il préconise de valoriser les métiers du secteur auprès des jeunes, notamment. Pour cela, des visites dans les écoles sont organisées, dans les collèges jusque dans les écoles d’ingénieur. Il faut présenter les métiers, mais aussi démystifier et combattre les idées reçues.

« Le sens de nos métiers : nourrir la planète ! »

Outre la valorisation, le deuxième levier à actionner pourrait être l’investissement. Il suggère de moderniser les structures accueillantes et d’améliorer ainsi les conditions de travail des salariés.

Évidemment, l’accompagnement et la formation du nouveau salarié restent les meilleures actions pour maintenir la personne dans le poste. Comme dit précédemment, le tutorat est fondamental pour se familiariser avec l’environnement de travail. D’autres dispositifs sont néanmoins nécessaires : formation aux gestes techniques, planning d’intégration, école de formation en interne pour former au management ou pour approfondir les métiers…

 

Des formations existent !

Pour finir ce webinaire, il nous paraissait important de laisser la parole à un centre de formation pour savoir comment ces organismes se sont adaptés aux besoins spécifiques des entreprises. Marie-Hélène Quéméner, directrice d’IFRIA Ouest nous en parle.

Une des grandes ambitions d’une structure comme l’IFRIA est la sécurisation des parcours par une certification. L’apprenti découvre et apprend le métier dans une structure pédagogique (lycée, CFA, organisme de formation, université…) et est accompagné pour intégrer une entreprise.

Madame Quéméner insiste sur l’importance de professionnaliser les acteurs et de rester attentif à l’accueil et l’intégration de ces apprentis au sein des entreprises.

« Je peux aujourd’hui proposer trois entreprises à un candidat qui se présente chez nous »

Seulement, aujourd’hui, les centres de formation ne peuvent plus répondre à l’ensemble des demandes des entreprises par manque de candidats. D’où l’enjeu de valoriser le secteur auprès des candidats potentiels : communication via les réseaux sociaux, interventions dans les écoles, et également convaincre les entreprises d’ouvrir leurs portes pour découvrir les métiers.

 

[1] ABEA, « Etude qualitative de l’observatoire des IAA sur la formation », 2021, p.3.

[2] Chambre d’Agriculture de Bretagne (CRAB) « Les chiffres ABC » – Edition 2020

Les intervenant·e·s

Marie Kieffer, déléguée générale à l’ABEA
Marie-Hélène Quéméner, Directrice IFRIA Ouest
Pierre Baudhuin, directeur des ressources humaines chez la Société Bretonne de Volaille

Aller plus loin

Etude de l’ABEA 
Découvrir les métiers du secteur de l’agroalimentaire : La Société Bretonne de Volaille et ABEA
Carte des formations
Formations GREF Bretagne