VAE. Un dispositif intéressant qui souffre de la lourdeur des processus

Créée en 2002, la Validation des acquis de l'expérience (VAE) permet de faire reconnaître les compétences acquises dans le cadre d'un métier afin d'obtenir un diplôme ou une certification qui a la même valeur que ceux décroché lors d'une formation classique. Si les motivations des candidats sont variées (besoin de reconnaissance, sécurisation du parcours professionnel, recherche d'emploi...) et l'intérêt du dispositif bien réel, il peine pourtant à s'imposer, voire même se tasse.

Le principal frein à son développement est la lourdeur du processus : montage de dossier pour la recevabilité du parcours, élaboration du dossier complet exposant de façon très détaillée les compétences acquises, soutenance devant un jury composé de professionnels et du responsable du diplôme préparé. Les candidats peuvent également recourir à une VAE partielle, le reste des compétences étant acquises par des modules de formation classiques.

Si ces derniers bénéficient d'un accompagnement, la démarche repose sur "un gros investissement personnel", confirme Gilles Pouligny, directeur général adjoint de l'Institut de gestion sociale, acteur très engagé dans la VAE.

Caroline Diard, enseignante-chercheuses et référentes VAE à l'Ecole de management de Normandie juge que la VAE est "une excellente formule" qui "permet de progresser dans l'entreprise. C'est une reconnaissance du travail accompli - en général avec une revalorisation du salaire - et un facteur d'employabilité".

L'ouverture, grâce à la loi Travail, de la VAE après une seule année d'expérience professionnelle permettra, selon Laure Jeuneu, directrice adjointe formation continue et VAE à l'université de Cergy-Pontoise de "développer des VAE hybrides, mêlant pratique professionnelle et acquis théoriques". Cette nouveauté devrait également faciliter l'accès à la VAE.

Chaque année, plusieurs milliers de diplômes sont délivrés grâce au dispositif.

Source

Le Monde, 20/04/17