Travailleurs low-cost. Une concurrence déloyale pour le bâtiment et l'agroalimentaire ?

Plus de 1,5 million de travailleurs détachés en Europe, environ 300 000 en France... Cette main-d'oeuvre bon marché déstabiliserait à l'Ouest des secteurs comme le bâtiment ou encore les abattoirs. C'est ce que révèle un rapport mené par la députée finistérienne Chantal Guittet, Gilles Savary et Michel Piron. Ce rapport dénonce, non pas un système légal, mais une application qui aurait dérapée. En effet, les travailleurs détachés, issus des nouveaux pays intégrés à l'UE ou des pays frappés durement par la crise économique, sont bien déclarés (bulletins de salaire en règle, salaires alignés sur ceux du pays d'accueil, cotisations sociales versées au pays d'origine...). Cependant, aucun contrôle n'est possible, ni des heures effectuées souvent plus nombreuses que celles déclarées, ni des prélèvements obligatoires. Le rapport pointe également les conditions de vie souvent déplorables (logement, nourriture) de ces travailleurs low-cost et l'absence de contrôles de la médecine du travail.
En Bretagne, ils seraient près de 3 200. En Allemagne, ces travailleurs sont payés entre 3 et 6 euros de l'heure dans les abattoirs alors qu'un ouvrier est payé 21 euros en France. Une marge suffisamment importante pour rendre le transport des animaux de Bretagne vers les abattoirs allemands encore rentable.

Source

Le Télégramme, Ouest-France, 30/05/13