Télétravail. 25 % des salariés le pratiquent mais seuls 6 % l'ont contractualisé

Alors que les ordonnances réformatrices du code du travail ont posé le télétravail comme un droit pour le salarié et acté le fait que l'employeur doit motiver son refus, le groupe de protection sociale Malakoff Médéric fait le point sur un dispositif qui est jusqu'à présent plutôt utilisé de manière informelle. Elle révèle que si un quart des salariés télétravaille, seuls 6 % ont contractualisé cette pratique.

19 % des salariés travaillent de façon informelle, dont 1 sur 5 de façon régulière. Près de 6 salariés sur 10 qui télétravaillent de manière occasionnelle ou plus systématique chez eux se déclarent "très satisfaits" et 33 % globalement satisfaits. 42 % des télétravailleurs sont dans le secteur des services : 34 % travaillent dans des bureaux d'études techniques ou dans le conseil, l'ingénierie ; 53 % sont dans les télécommunications et 35 % dans les banques et assurances.

Les motivations des salariés pour télétravailler : la suppression des trajets, la planification des horaires, le gain en efficacité et la conciliation vie familiale-vie professionnelle.

Les employeurs soulignent aussi les effets positifs du télétravail. 82 % constatent un engagement accru de leurs salariés et 80 % une "meilleure" responsabilisation et un renforcement de l'autonomie. Le gain d'image pour l'entreprise est indéniable, tout comme la diminution de la fatigue des salariés (2/3 des employeurs) qui influe favorablement sur l'absentéisme pour 4 employeurs sur 10. Ils mettent en exergue 2 dangers : la perte du lien social au travail, de l'esprit d'équipe et le risque d'isolement pour 47 % d'entre eux ainsi que la difficulté de manager à distance des salariés (38 %). Ce dernier risque est plus ressenti dans les entreprises employant plus de 250 personnes. Les auteurs de l'étude soulignent en effet que le télétravail implique de "passer d'un management du contrôle au management de confiance, en fixant des objectifs mais en laissant aux salariés une autonomie de réalisation".

Source

Le Télégramme, Les Echos, Ouest-France, 24-25/01/18