Téléphonie mobile. Un meilleur recyclage permettrait de créer des emplois et de la richesse

Selon un rapport du Sénat, une meilleure collecte et un meilleur recyclage des téléphones mobiles permettraient, via la récupération d'une quarantaine de minéraux et métaux précieux composant ces objets, de créer de la richesse et des emplois. Alors que 24 millions de portables sont vendus chaque année, seuls 15 % de téléphones en fin de vie sont recyclés ou réparés et 100 millions de téléphones obsolètes ou hors d'usage dorment dans les tiroirs.

Pourtant, les portables sont "une véritable mine urbaine" avec les métaux rares (or, argent, tantale et cuivre) contenus dans leur carte électronique. Mais, en 2012, à peine un quart du tonnage de cartes électroniques collectées a été traité, soit, selon l'Ademe. Une perte de valeur, faute de recyclage, estimée à 124 millions d'euros rien que pour l'or. Il est donc urgent de bâtir une stratégie pour mieux gérer les téléphones obsolètes et exploiter leurs richesses alors que dans le même temps, ces ressources risquent, à terme, de se raréfier (coltan notamment).

Pourquoi le recyclage n'est-il pas performant ? D'une part les consommateurs craignent que leurs données personnelles stockées dans leurs vieux téléphones portables soient diffusées ou exploitées. Ils ne savent pas non plus toujours auprès de qui déposer leurs mobiles car tous les opérateurs ne gèrent pas systématiquement leur reprise. D'autre part, déplore le rapport, "la conception des téléphones est délibérément défavorable au recyclage et au réemploi". Les auteurs proposent donc plusieurs pistes : communiquer auprès des consommateurs pour les inciter à vider leurs tiroirs, diversifier le mode de collecte des téléphones hors d'usage mais aussi allonger de 2 à 4 ans la durée de garantie de ces appareils.

A noter, la Fédération française des télécoms (FFT) s’est fixée pour objectif, en 2020, un taux de recyclage des mobiles usagés de 30 % (15 % en 2015).

Source

Les Echos, 03/10/16