Réfugiés. Vers un doublement du nombre d'heures d'apprentissage du français ?

Aurélien Taché, député LREM du Val-d'Oise vient de remettre au Premier ministre et à Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, 72 propositions pour favoriser l'insertion sociale et professionnelle des demandeurs d'asile. Il propose qu'ils bénéficient de 400 heures de cours, soit le double de ce qui est actuellement prévu par le contrat d'intégration républicaine (CIR), voire 600 heures pour les publics les plus éloignés du français.

La maîtrise de la langue est un préalable indispensable à l'insertion. L'an dernier, 54 % des entrants ont bénéficié au maximum de 200 heures de cours de français (600 heures en Allemagne). Seuls 46 % des stagiaires ont atteint le niveau A1 de maîtrise du français, considéré comme "niveau de survie". L'augmentation du nombre d'heures de cours leur permettrait d'atteindre le niveau A2, de maîtrise courante. L'apprentissage de la langue pourrait débuter "dès la période de demande d'asile" pour ceux et celles qui sont assurés d'obtenir le statut de réfugiés. Pour l'instant, seuls les associations et les collectifs le proposent.

60 heures seraient dévolues à la connaissance de la France et à l'apprentissage de ses valeurs civiques, contre 12 actuellement.

Aurélien Taché souhaitant une insertion professionnelle "la plus précoce possible", propose aux réfugiés "un accompagnement global, incluant notamment l'accès au logement et à l'emploi, d'une durée moyenne d'un an". Il suggère des partenariats avec les branches professionnelles, les grandes entreprises, mais aussi des reconnaissances partielles de qualifications et un accès facilité à certains métiers, notamment dans le domaine médical. Aurélien Taché s'est notamment beaucoup inspiré du dispositif HOPE, expérimentation de l'Etat, l'Afpa et du Medef. Enfin, il propose que la nationalité française ne soit plus une condition pour passer les concours d'entrée dans la fonction publique, sauf pour la police et la justice. Par ailleurs, les clauses sociales pourraient être activées dans les marchés publics de l'Etat pour favorise l'emploi des réfugiés.

Ces propositions alimenteront la réflexion menée dans le cadre du projet de loi asile et immigration présenté le 21 février en Conseil des ministres. Le Premier ministre s'est d'ores et déjà engagé à reprendre les propositions sur l'insertion professionnelle des réfugiés : doublement du nombre d'heures d'enseignement du français, ajout d'un volet "orientation professionnelle" au contrat d'intégration républicaine, autorisation de travail 6 mois après le dépôt de la demande de protection (contre 9 mois actuellement). Un comité interministériel se réunira prochainement à ce sujet.

Source

Le Monde, Les Echos, Libération, Ouest-France, Le Télégramme, 20/02/18