Numérique. La Bretagne manque de professionnels

ADN Ouest, fédération d'entreprises du numérique, a questionné des sociétés bretonnes, prestataires ou utilisatrices de services numériques, sur les thèmes de l'emploi, du recrutement et des compétences. Sur les 300 entreprises répondantes, la moitié note "une pénurie [de compétences] en ressources numériques sur son territoire". Il faut dire que l'emploi numérique breton est très concentré en Ille-et-Vilaine (49 %), et surtout à Rennes (39 %).

Par ailleurs, 1/4 des entreprises prestataires déclarent avoir des postes non pourvus. Cette proportion est la même pour les entreprises utilisatrices. 75 % des structures répondantes indiquent ne pas recevoir suffisamment de candidatures. Cette tension sur le marché du travail ne devrait pas s'atténuer puisque les sociétés sont plus nombreuses qu'il y a 6 mois à envisager recruter prochainement. 1 500 recrutements sont prévus ce semestre. Pour attirer des candidats, la moitié des entreprises a dû faire évoluer ses critères de recrutement (hausse des salaires, sélection de profils moins expérimentés...).

Qui sont les travailleurs bretons du numérique ? 92 % viennent du grand Ouest, dont 58 % d'Ille-et-Vilaine. Et ce sont très majoritairement des hommes : seuls 23 % des emplois sont occupés par des femmes. La moitié des entreprises sondées comptait même moins de 5 % de femmes dans leurs effectifs. Seules 15 % des candidatures à un poste sont déposées par des femmes.

Quels sont les postes à pourvoir ? Ceux de la conception, du développement et de la R&D chez les prestataires. Le marketing et la communication digitale sont les métiers les plus recherchés chez les entreprises utilisatrices de services numériques.

Cyril Marchal, chef de projet ADN Bretagne révèle que 92 % des sociétés prestataires enquêtées déclarent être satisfaites des juniors recrutés, ce qui démontre "la qualité de l'enseignement et des écoles de la région". Elles notent toutefois 4 points à améliorer dans la formation des jeunes diplômés : la relation client, le langage de développement, la gestion des projets et la communication écrite et orale.

Source

Le Télégramme, Ouest-France, 23-25/03/19