Mobilité. La fin du bonus pour l'achat d'un vélo à assistance électrique désorganise la filière

Dans le cadre du projet de loi de finances 2018, Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics, a annoncé la fin, au 31 janvier 2018, du bonus de 200€ attribué aux acquéreurs d'un vélo à assistance électrique. Cette décision surprend les professionnels d'une filière en plein développement (138 000 vélos vendus l'an dernier, 200 000 cette année), risque de la désorganiser et de peser sur l'emploi.

Pourquoi une telle décision alors que les mobilités douces sont louées ? Lancé l'an dernier par Ségolène Royal, l'ancienne ministre de l'Environnement, le bonus a trop bien fonctionné : 150 000 personnes en ont bénéficié au 15 septembre 2017 et ce chiffre pourrait atteindre au final 250 000 personnes au 31 janvier 2018 pour un coût budgétaire total de 50 millions d'euros .

Jérôme Valentin, coprésident de l'Union Sport et Cycle indique que "depuis 10 ans, le marché du vélo à assistance électrique croît en moyenne de 30 % par an". "Le bonus a permis d'accélérer les ventes pour rattraper notamment nos voisins comme l'Allemagne ou la Belgique, bien mieux équipés que nous. L'arrêter est un non-sens" puisque le bonus de l'Etat a permis d'accélérer la croissance des ventes de 15 et 20 %.

Le Gouvernement rappelle de son côté que des collectivités comme Vannes, Nantes ou Angers dans l'Ouest apportent déjà des aides aux particuliers. A la différence du bonus de l'Etat, elles sont plafonnées, ne peuvent être cumulés avec ce dernier et sont parfois versées sous conditions de ressources.

De son côté, le ministère de la transition écologique et solidaire temporise en rappelant que "le vélo à assistance électrique fera partie des discussions des Assises de la mobilité".

Source

Le Monde, Ouest-France, 29-30/09/17