Entreprise. Se former pendant le confinement

10 millions de salariés sont au chômage partiel. Le Gouvernement, qui souhaite encourager la formation pendant le confinement, a pris différentes mesures pour susciter l'envie et favoriser la démarche. Il a budgété 500 millions d'euros pour prendre en charge ces formations. Depuis le 14 avril, les entreprises peuvent demander le remboursement des coûts pédagogiques pour les formations suivies par leurs salariés.

Et les comptes CPF seront crédités dès le 24 avril des droits acquis en 2019, a indiqué Muriel Pénicaud, le 7 avril, lors de son audition au Sénat.

De fait, certains éditeurs de formations en ligne voient la demande exploser. Yannick Petit, directeur général de Unow, enregistre "une croissance de 140 % sur les sessions de formation en avril". Le confinement est l'opportunité, indique Béatrice Quertain, responsable formation SCC France "de créer une appétence pour la formation". Il est également un temps privilégié pour muscler les compétences des salariés. 

Cette démarche ne s'improvise toutefois pas. Elle rencontre des limites qui sont "l'équipement du public, la présence de zones blanches et [les] formations métiers qui ne peuvent pas toutes se faire à distance", détaille Pierre Courbebaisse, président de la Fédération de la formation professionnelle (FFP). Il faut aussi trouver une formation à distance adéquate alors qu'elles sont "encore peu utilisées" et que "tous les formateurs [n'y] sont pas acculturés", indique Sylvain Humeau, président du Groupement des acteurs et responsables de formation (Garf). Enfin, Antoine Amiel, fondateur de la société conseil Learn Assembly, rappelle que l'acte de formation nécessite un "environnement calme et sécurisé", conditions qui ne sont pas actuellement présentes du fait du caractère anxiogène de la situation. Se formant seuls devant leurs ordinateurs, les salariés devront par ailleurs faire preuve de motivation et de disponibilité. Pas si simple, entre la garde des enfants, les jours de congés et de chômage partiel...

Source

Le Monde, 23/04/20