Entreprise. La France en retard dans la prévention du suicide

Bien que les chiffres sur le suicide en général, et en particulier en entreprise, soient rares, une étude de l'Ifop réalisée pour la fondation Jean-Jaurès, sous l'égide du psychiatre et professeur de médecine Michel Debout, révèle que la France est plus exposée à cette problématique que l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne.

Jean-Claude Delgenes, fondateur et directeur du cabinet spécialisé Technologia estime à près de 11 000 le nombre de cas chaque année. On estime à 500 le nombre de suicide ayant lieu, chaque année, dans les entreprises mais il semblerait qu'il soit sous-estimé. "La France n'a pas une culture de la prévention d'une manière générale" rappelle Michel Debout. Pour preuve il a fallu attendre 1993 pour qu'elle se dote d'un observatoire national du suicide.

Si le sujet du suicide est très complexe et renvoie à des causes plurielles, le stress, la précarité, l'hyperconnection, le harcèlement sont des éléments déclencheurs d'un passage à l'acte. Les travailleurs indépendants ne sont pas épargnés par le phénomène. C'est pourquoi le dispositif Apesa (Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aigüe", créé par Marc Binnie, greffier au Tribunal de commerce de Saints, a été dupliqué dans une quarantaine de juridictions.

Source

Les Echos, 12/09/16