Enseignement supérieur. Un décrochage moins massif que prévu

Le décrochage massif des étudiants contraints à l'enseignement à distance n'aurait pas eu lieu, selon les premiers résultats des partiels de janvier-février. Cette situation s'expliquerait notamment par l’assiduité des étudiants à ces partiels : 10 % de plus que l'an dernier.

Pour certains, cette présence accrue signifie que les étudiants se sont "accrochés". D'autres rappellent qu'en ces temps précaires, les étudiants boursiers n'ont d'autre choix que de se présenter aux examens pour continuer à percevoir leur bourse.

Les taux de réussite des étudiants de première année seraient, dans les quelques universités ayant tous les résultats, de 5 à 10 % inférieurs à ceux des années précédentes. Dans certains cas, ce recul affecte aussi les étudiants de seconde année. En revanche, les résultats sont stables pour les étudiants de L3 et de master.

A Cergy Paris université, François Germinet, le président, observe une stabilité des résultats sur les petites promotions et une baisse pour les formations à plus gros effectif comme le droit par exemple. Même constat pour Mohammed Benlahsen, président de l'université de Picardie Jules Verne, où le taux de décrochage atteint 32 %, soit 2 points de plus que l'an dernier. Il reste cependant prudent : "Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de secousse par la suite ni un décrochage plus tardif ". 

Un groupe de travail sur les dispositifs de rattrapage à la rentrée 2021 vient d'être lancé par la Conférence des présidents d'université. Des propositions devraient être formulées en avril.

Une grande hétérogénéité existe dans l'enseignement supérieur, notamment dans les moyens financiers octroyés à la numérisation des cours : 40 euros par étudiant à l'Université de Versailles-Saint-Quentin, 21 euros à Rouen... et pour les grandes écoles, 104 euros pour Rennes School of Business ou encore 322 pour l'Essec. L'Observatoire de la Vie étudiante relève que 48 % des étudiants en école de commerce sont satisfaits de la continuité pédagogique mise en place lors du 1er confinement et 44 % des futurs ingénieurs contre 36 % des étudiants des universités.

Source

Les Echos, 05/03/21 ; Le Monde, 03/03/21