Emplois aidés. Le Premier ministre positionne l'apprentissage comme une alternative aux emplois aidés dans les collectivités

Face à la grogne des collectivités locales, Edouard Philippe a demandé à Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, Muriel Pénicaud, ministre du Travail et Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education, de recevoir les associations de collectivité "d'ici la fin de la semaine". Se voulant rassurant, il indique qu'il "aidera" les collectivités à "mobiliser d'autres dispositifs d'accès à l'emploi", notamment grâce aux recrutement de jeunes "sous statut d'apprenti en collectivité".

Cette annonce ne suffit pas à calmer l’inquiétude des élus qui font devoir faire face à une baisse de 23 000 contrats aidés au sein de l'Education nationale. Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF) précise que "cette diminution crée des difficultés pour de très nombreuses communes". Les grandes villes sont aussi inquiètes : Jean-Luc Moudenc, maire (LR) de Toulouse chiffre à 1,3 million d'euros le surcoût généré par le fait de recruter via des contrats classiques les 58 contrats aidés actuels travaillant dans les écoles toulousaines. L'AMRF réclame donc le maintien de tous les emplois aidés pour l'école pour 2018 et un temps de réflexion pour les autres.

Le remplacement de ces contrats aidés par des contrats d'apprentissage soulève également des interrogations. Nicole Gibourdel, déléguée générale de Villes de France, rappelle que le contrat d'apprentissage "suppose un tuteur et un processus de formation, dans des domaines, comme le monde associatif, qui est toujours en flux tendu". Pierre-Alain Roiron, de l'Association des maires de France (AMF) souligne pour sa part que "les personnes recrutées avec des contrats aidés ou en apprentissage ne sont pas les mêmes".  "Si une commune embauche une atsem en contrat d'apprentissage, que fera-t-on des enfants pendant qu'elle suivra ses cours ?" questionne-t-il.

Source

Les Echos, 31/08/17