Développement durable. La France, en retard sur ses objectifs de 2020, garde espoir pour ceux de 2030

Selon le Livre blanc su Syndicat des énergies renouvelables (SER), la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie n'était que de 14,9 % fin 2015 alors qu'elle aurait dû être de 17 % pour pouvoir atteindre l'objectif européen de 23 % en 2020. Ces chiffres placent la France en queue de peloton des pays européens et font qu'elle accuse le retard le plus important sur son objectif.

Malgré tout, les industriels souhaitent rester optimistes et veulent atteindre l'objectif de 32 % assigné en août 2015 par la loi de transition énergétique. Pourtant, le bilan de 2016 est en demi-teinte. Seuls 576 MW ont été installés dans le solaire, plus mauvais résultat de ces dernières années, en raison du moratoire de l'Etat en 2010 pour crever la bulle spéculative. Le parc français atteint toutefois 6 650 MW au total, un chiffre bien au-delà des 5 400 MW escomptés en 2020. L'an dernier, 1 345 MW ont été installés dans l'éolien terrestre, un record historique. Cependant, l'objectif de 19 000 MW en 2020 semble difficilement atteignable puisque le parc français compte actuellement 11 000 MW. Les 6 parcs d'éolien en mer, installés au large des côtes normandes, bretonnes et vendéennes, ne devraient pas produire leur 3 000 MW total avant une décennie.

Les professionnels des énergies renouvelables restent toutefois confiants grâce à la programmation pluriannuelle de l'énergie, publiée en octobre 2016, qui leur "donne de la visibilité", indique Jean-Luis Bal, président du SER. Elle prévoit des objectifs à 71 000 ou 78 000 MW à l'horizon 2023. La filière reste dynamique grâce aux appels à projets, à la simplification administrative qui, dès le 1er mars, ne nécessitera plus qu'une autorisation environnementale unique pour installer des productions d'énergie renouvelable, mais aussi un argument économique. Une récente étude de l'Adème démontre qu'en France comme dans le monde, l'éolien terrestre et le photovoltaïque sont devenus "compétitifs vis-à-vis des moyens conventionnels" de production d'électricité, nucléaire compris.  

Source

Le Monde, Les Echos, 01/02/17