Démission sécurisée. L'Unédic pronostique 18 000 à 33 000 demandes par an

Le 22 février dernier, à l'occasion de l'accord sur l'assurance chômage, les partenaires sociaux ont jeté les bases à la nouvelle extension de l'assurance chômage aux salariés démissionnaires ayant un projet de reconversion professionnelle "qui nécessite une formation". C'était une proposition de campagne d'Emmanuel Macron.

Le salarié devra, pour en bénéficier, répondre à certaines conditions : être actif depuis plus de 5 ans, se faire accompagner par un conseiller en évolution professionnelle, voir son projet validé par la commission paritaire régionale.

Il pourra ensuite prétendre à l'allocation d'aide au retour à l'emploi projet (AREP), dont le montant est identique à l'allocation-chômage perçue en cas de licenciement.

Pour la première année de mise en route de l'AREP, l'Unédic pronostique 38 000 à 71 000 demandes de personnes attendant "une telle mesure pour passer à l'acte". Les années suivantes, le nombre de demandes plafonnerait entre 18 000 et 33 000 dossiers.

Les partenaires sociaux travaillent à un dispositif suffisamment bordé afin d'éviter des dérives : une validation par la commission paritaire, une formation réalisable uniquement en cas de démission effective, un projet d'évolution professionnelle suffisamment élaboré, un projet en phase avec la situation économique et un dossier AREP validé par Pôle emploi avant toute démission...

Couplé avec les nouveaux dispositifs liés à la réforme de la formation professionnelle, il ne pourrait en fait bénéficier qu'aux personnes dans l'impossibilité d'activer le CPF de transition professionnelle. Celui-ci devra être mobilisable prioritairement par le salarié car il "offre un cadre juridique plus sécurisé, le contrat de travail [étant] maintenu".

Source

Le Monde, 22/03/18