Coronavirus. Les mesures de soutien aux entreprises

Afin de "maintenir le tissu économique, éviter les défaillances de PME et préserver l'emploi", Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et Muriel Pénicaud, ont reçu les fédérations professionnelles des secteurs les plus durement touchés par le Coronavirus (hôtellerie-restauration, traiteur, salle de spectacle ou entreprise de l'évènementiel, tourisme et transport). Voici les mesures annoncées par le Gouvernement :

Les entreprises en difficulté pourront décaler, "sur simple mail", le paiement des charges sociales au 15 mars.

Elles pourront également activer le dispositif de l'activité partielle, mesure peu utilisée jusqu'à présent en France. Muriel Pénicaud, ministre du Travail annonce que l'Etat prendra exceptionnellement en charge "100 % du chômage partiel, y compris au-delà du salaire minimum" (85 % du salaire net sur la base d'un Smic auparavant). Le 10 mars, près de 2 000 entreprises l'ont sollicité pour 80 000 salariés contre 900 entreprises pour 15 000 salariés à la fin de la semaine précédente. Qui sont les entreprises demandeuses ? Elles sont "réparties sur tout le territoire, même si celles au sein des foyers épidémiques comme l'Oise ou le Haut-Rhin sont particulièrement demandeuses", indique le ministère du Travail. L'Ile-de-France est par exemple concernée par le recul, depuis 2 mois, du nombre de touristes chinois et désormais de ceux du monde entier. L'industrie ne semble pas encore trop souffrir de problèmes d'approvisionnement car elle ne fait pas partie des secteurs les plus demandeurs d'activité partielle.

En parallèle, BPIfrance, garantira notamment, pour les PME et ETI en difficulté bancaire, jusqu'à 90 % des crédits de trésorerie, assure Bruno Le Maire, ministre de l'Economie. Il annonce également la création d'un fonds de solidarité qui prendrait la forme d'aides directes pour les entreprises les plus touchées.

Si l'ensemble de ces mesures coûtera "des dizaines de milliards d'euros, l'effondrement de ce tissu d'entreprises, de PME, de commerçants, d'artisans, de grandes entreprises abandonnées coûterait plus cher, indique-t-il.

En visite à Brest le 9 mars, Nicolas Dufourcq, directeur général de BPIfrance indique que "certaines entreprises, dans l’évènementiel notamment, subissent déjà une chute de leur activité de 60 à 70 %". La Chambre de commerce de Paris Ile-de-France signale que "les chefs d'entreprise craignent une crise économique sans précédent". Selon Bernard Stalter, président des Chambres de métiers et de l'artisanat, 80 % des sondés connaissent une "tension sur la trésorerie" mais seulement 6 % "envisagent une réduction des effectifs". Une enquête de la CMA France est actuellement réalisée pour mesurer l'impact économique et social du virus sur les artisans.

Source

Les Echos, Le Télégramme, Ouest-France, 10-11-12-14/03/20