Brexit. Les filières bretonnes sur le qui-vive

Le Brexit est entré en vigueur le 31 janvier 2020. Mais les répercussions économiques et commerciales ne se sont pas encore produites : une période de négociations s'ouvre pendant 11 mois. Comment les filières agroalimentaire et pêche bretonnes réagissent-elles ? Quelles vont être les conséquences ?

Il y a une longue tradition d'échanges économiques avec le Royaume-Uni : ce dernier importe près de la moitié de son alimentation, dont 30 % proviennent de l'Union européenne. Selon la Chambre régionale d'agriculture, le Royaume-Uni est le 5e client et le 4e fournisseur des bretons. Ils y achètent de la viande fraiche de porc, du bacon, du jambon, de la volaille, des pains, pâtisseries, produits laitiers, des légumes (frais, surgelés et en conserve). Ils vendent de la viande, notamment du mouton, des biscuits et pâtisseries et des produits de la mer (pêche et aquaculture) à la Bretagne.

Dans le cas d'un Brexit sans accord, scénario redouté, des droits de douane avec quotas par catégorie de produit seront appliqués. Guillaume Roué, président d'Inaporc, l'interprofession porcine, rappelle que "l'ensemble des pays de l'Union exporte 1 million de tonnes de viande de porc vers le Royaume-Uni. C'est autant de viande dont les conditions de commerce vont changer, dans les années qui viennent, et on n'aura pas la capacité à inventer de nouveaux débouchés immédiatement". Il pense également que "la mise en place de droits de douane élevés ouvrirait "la porte à d'autres fournisseurs mondiaux, comme les Etats-Unis". Il espère donc la conclusion "d'un accord intelligent avec les Britanniques".

Concernant la pêche, des négociations spécifiques auront lieu d'ici à fin juillet pour établir les nouvelles règles d'accès aux eaux britanniques. Les eaux territoriales, très poissonneuses, étaient partagées entre les britanniques et les membres de l'UE dans la zone économique exclusive. Avec le Brexit, les britanniques souhaitent les récupérer à leur seul profit, une hypothèse inenvisageable pour la filière bretonne. Si tous les ports de pêche seront affectés par le Brexit, celui de Roscoff sera le plus impacté.

Bretagne Commerce International multiplie les réunions d'information pour aider les entreprises à se préparer et à démêler les aspects réglementaires qui découleront du Brexit.

Source

Le Télégramme, 31/01/20 ; Les Echos, 03/02/20