Aviation. Vers une filière de biocarburants

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'Etat aux Transports ont lancé un appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour la production de biocarburants aéronautiques durables. L'objectif : construire et structurer une filière pour atteindre l'incorporation de 2 % de biocarburants dans le kérosène en 2025 et 5 % en 2030. "A terme, nous visons 50 % dans le cadre de la neutralité carbone de la France en 2050", indique la ministre.

Car l'enjeu écologique est réel : le transport aérien génère actuellement 2 % des émissions mondiales de gaz carbonique, émissions qui pourraient monter à 3 % en 2050 si rien n'est fait. Si des efforts ont été réalisés pour réduire la consommation énergétique des avions (l'A350 consomme 25 % de carburants en moins), les biocarburants sont vraiment une piste à exploiter en attendant l'arrivée de l'aéronef électrique ou à l'hydrogène.

Pendant 2 ans, les groupes Airbus, Air France, Safran, Total et Suez Environnement ont planché sur les modalités de création d'une filière. 5 sources ont été identifiées et certifiées pour être mélangées au kérosène : l'hydrogénation de l'huile végétale usagée et des graisses animales, l'incorporation d'huile dans le raffinage du pétrole, la gazéification de la biomasse, la distillation d'éthanol et la synthèse par isoparaffine de sucre.

La bioraffinerie Total de La Mède, près de Marseille, "pourra produire 100 000 tonnes de biocarburant par an par hydrogénisation des huiles végétales usagées et des graisses, mais il faut créer une filière d'approvisionnement", indique Paul Mannes, directeur de l'aviation chez Total. La filière est très émergente : 15 millions de litres sont fabriqués au niveau mondial chaque année soit moins de 0,1 % de la consommation de l'aviation mondiale. Car ces biocarburants coûtent actuellement 3 fois plus cher à produire que le kérosène d'origine fossile. Il est donc urgent d'améliorer leur compétitivité et d'investir dans un appareil de production mondial, indique l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Source

Les Echos, 28/01/20