Agriculture. Progression du salariat agricole breton, porté par le maraîchage et l'élevage

Alors que le secteur agricole est confronté depuis quelques années à une crise sans précédent, paradoxalement le recours au salariat agricole progresse en Bretagne. Comment expliquer cette situation alors que le nombre d'exploitations agricoles a chuté de plus de 60 % entre 1988 et 2010, atteignant désormais 30 000 en 2016 ? Les salariés agricoles représentent quant à eux 31,9 % de l'emploi agricole en ETP contre 17,6 % en 2000. Selon l'Insee, entre 2010 et 2015, leur nombre a augmenté, en moyenne, chaque année, de 1,8 %, pour atteindre 10 000 ETP.

Cette progression positionne la Bretagne à la 3ème place des régions françaises en termes de salariat agricole.

Elle s'explique par une plus grande taille moyenne des exploitations bretonnes réalisant du maraîchage et par le fait que les élevages de porcs et de volailles, très présents dans la région par rapport au reste du territoire national, aient fréquemment recours au salariat.

Cependant, le salariat agricole reste précaire, souvent associé à la saisonnalité. Entre 2010 et 2015, le nombre de saisonniers agricoles a augmenté de 4,2 % par an quand celui des salariés permanents a évolué de 0,5 %. Les exploitations légumières ont plus fréquemment recours aux saisonniers, à la différence de la filière laitière. Cette dernière n'emploie que 12 % des salariés agricoles bretons. Seules 17 % des exploitations laitières ont des salariés permanents. Si cette proportion est 3 fois plus forte qu'en 2000, elle reste "relativement faible", indique l'Insee.

Source

Le Télégramme, 20-21/03/18