Agriculture bio. Un plan de 1,1 milliard d'euros pour accélérer les conversions

Afin de répondre localement à la demande d'aliments bio des Français, le Gouvernement annonce mobiliser, pour 2018-2022, 1,1 milliard d'euros afin d'accélérer les conversions des exploitations agricoles. Cette hausse de 62 % des crédits par rapport au budget 2013-2017 est cruciale : le passage d'une agriculture conventionnelle à une agriculture bio occasionne une baisse de rendements qui peut aller jusqu'à 30 %. De plus, une exploitation convertie n'est considérée comme bio qu'au bout de 2 à 3 ans. Pendant ce laps de temps, elle n'est pas éligible aux aides bio. Par ailleurs, la France importe près de 30 % des produits bio qu'elle consomme.

Ces 1,1 milliard d'euros serviront à renforcer les aides à la conversion, à doubler le fonds Avenir Bio géré par l'Agence Bio et à prolonger et à revaloriser le crédit d'impôt bio. 

Salué par les parties prenantes, cet effort financier souffre d'un bémol selon Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale des agriculteurs biologiques : la suppression de l'aide au maintien versée par les Conseils régionaux après les 3 premières années de conversion. Le cabinet du ministre de l'Agriculture estime pour sa part que la demande de consommation, importante, suffira à assurer la pérennité des exploitations converties.

Cette enveloppe est partie prenante du plan Ambition Bio 2022 qui doit permettre de faire passer de 6,5 % à 15 % les terres cultivées bio d'ici à la fin du quinquennat et à proposer 20 % de produits bio en restauration collective publique dès 2022. Les concertations entre acteurs débuteront mi-avril pour une finalisation à la mi-juin.

Source

Les Echos, Ouest-France, Le Télégramme, 06/04/18