Travail. Des conditions passées au crible

De septembre à décembre, près de 200 000 personnes ont répondu en ligne à l'enquête initiée par la CFDT sur leurs conditions de travail. "Parlons travail" révèle que plus de la moitié des Français se déclarent heureux au travail tout en dénonçant une charge de travail trop importante et se prononçant pour une baisse de leur temps de travail.

3 personnes sur 4 aiment leur travail et jugent leur cadre de travail agréable. Plus les fonctions sont importantes (agrémentées des plus fortes rémunérations), plus ils disent "prendre du plaisir" à travailler. C'est le cas pour 65 % des cadres contre 40 % des ouvriers. Ils aiment l'autonomie (pouvoir s'organiser, mettre en pratique leurs idées, ne pas avoir l'impression d'être une machine). Ceux qui "souffrent au travail sont ceux qui disent n'avoir aucune liberté, aucun espace pour s'exprimer".

Ils ne se déclarent pas prêts à tout pour réussir et surtout pas au détriment de leurs collègues. Et cette déclaration va bien à l'encontre des idées managériales mises en avant depuis 25 ans basées sur une "compétition généralisée". Liberté d'expression au travail ? Elle ne concernerait qu'un actif sur deux et serait "plus faible pour les femmes".

Plus de 50 % des répondants déclarent aussi avoir le sentiment "de perdre leur vie à la gagner", avoir déjà pleuré à cause de leur travail, et 10 % pensent que "le travail les délabre".

Trop de travail ! La moitié des répondants l'affirme. Ils ont une charge de travail excessive au point qu'1/3 ne peut prendre l'ensemble de la RTT, ne peut faire correctement son travail et sent que sa santé en pâti (douleurs physiques, problèmes de sommeil...). Le public comme le privé se disent touchés au point de réclamer à travailler moins (57 %) et "estiment juste de tenir compte de la pénibilité dans le calcul des retraites".

La CFDT devrait suite à cette enquête proposer un "Manifeste pour le travail".

Source

Libération, 16/03/17 ; Le Monde, Ouest-France, 17/03/17