Réforme de la formation. Le CIF sera au coeur de la négociation

Selon le document d'orientation de la réforme de la formation professionnelle remis dernièrement aux partenaires sociaux, "le CPF doit [...] devenir l'unique droit personnel à la main des individus dans une logique d'appropriation directe, c'est-à-dire d'autonomie sans intermédiation obligatoire". Le Congé individuel de formation (CIF), créé il y a 30 ans et permettant de suivre des formations longues rémunérées à visée professionnelle vivrait donc ses dernières heures.

Le Gouvernement estime que ce dispositif converge de plus en plus avec le Compte personnel de formation (CPF), qu'il ne bénéficie qu'à peu de personnes (environ 40 000 par an entre 2010 et 2015), qu'il ne concerne pas assez les métiers d'avenir et qu'il est passé d'une "logique de promotion sociale" à une "logique de reconversion professionnelle". De leur côté, les syndicats sont opposés à sa disparition. Catherine Perret de la CGT annonce que "le CIF sera au coeur de la négociation". Plus tranché, Jean-François Foucard de la CFE-CGC se dit opposé à sa suppression.

Le véritable motif de suppression du CIF semble financier. Selon la Cour des comptes, une formation de reconversion financée par un CIF coûte en moyenne 25 000 €. Il est donc financièrement impossible d'en faire un droit universel pour 19 millions de salariés via le CPF, constat partagé par les syndicats dont FO.

Comment continuer à offrir aux salariés de suivre des formations longues de reconversion sur leur temps de travail ? L'entourage de Muriel Pénicaud renvoie la balle aux syndicats, les invitant "à se poser les bonnes questions" et à "inventer autre chose sortant du cadre". Le document d'orientation invite d'ailleurs syndicats et patronat à réfléchir à la possibilité d'une dotation CPF "différenciée en fonction du niveau de qualification de la personne et pour permettre des reconversions professionnelles".

Source

Les Echos, 22/11/17