Réforme de l'orientation. Vers une fermeture du réseau des CIO ?

Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, prépare une réforme de l’orientation qui suscite d'emblée l'opposition des syndicats. Suite à la réforme de l'apprentissage et au projet de loi "Pour la liberté de choisir son orientation" qui en découle, le Gouvernement prévoit de transférer les directions régionales de l'Onisep aux Régions. Les 300 fonctionnaires concernés, jusqu'à présents rattachés au ministère de l'Education nationale, auraient 2 ans pour exercer leur "droit d'option" et éventuellement rejoindre la fonction publique territoriale.

Le ministère de l'Education nationale estime ce rattachement "logique" puisque les directions régionales de l'Onisep travaillent beaucoup avec les Régions. Mais le SNES-FSU, un syndicat, s'interroge déjà sur la neutralité de l'information qui sera dispensée. Le ministère se veut rassurant : "la décision de l'orientation restera de la compétence de l'Education nationale, après avis du conseil de classe". Cette réforme s'intègre dans celle du lycée qui prévoit notamment que 54 heures soient dédiées à l'orientation.

Outre le transfert des directions régionales vers les Conseils régionaux, le Gouvernement prévoit de fermer les Centres d'information et d'orientation (CIO). Il souhaite mettre les 3 771 psychologues de l'Education nationale qui y travaillent au plus près des élèves, dans les lycées, afin de "renforcer le processus d'orientation".

Le Sgen-CFDT, un syndicat, dénonce "une grave remise en cause du service public de l'orientation", quand l'Unsa craint "la multiplication des officines privées proposant information et conseil", ou que le Snes-FSU redoute que les psychologues des CIO "ne soient cantonnées aux seuls élèves à besoins particuliers".

Le ministère considère pour sa part que 71 % des actions des CIO se font déjà dans les établissements scolaires et que les CIO sont "globalement peu fréquentés".

Source

Les Echos, 06/04/18