Prime à l'embauche. L'Insee doute de son efficacité en matière de création d'emplois

Dans une étude consacrée à l'évaluation de la prime à l'embauche, l'Insee s'interroge sur l'efficacité du dispositif qui a séduit, depuis la mi-janvier 2016, 1,1 million d'employeurs. Elle permet de percevoir, 500 euros maximum, tous les trimestres, pendant 2 ans maximum, pour tout nouveau salarié touchant un salaire inférieur ou égal à 1,3 smic.

D'après l'étude de l'Insee, 54 % des recrutements en CDD d'au moins 6 mois et 34 % des recrutements en CDI "en ont bénéficié". Les TPE se sont massivement emparées du dispositif : 77 % des embauches qu'elles ont réalisé, sous la forme de CDD d'au moins 6 mois, ont été éligibles à la mesure. L'étude souligne cependant un effet pervers : des patrons de TPE auraient "diminué le salaire d'embauche pour accéder au dispositif" puisque le pourcentage de recrutement à un salaire inférieur à 1,3 smic était 10 % moins élevé en 2013.

L'Insee reste également dubitatif sur les créations d'emplois générées par la mesure qui "ne semble pas avoir eu d'effet facilement interprétable sur les [recrutement] en CDI". Quant aux CDD de 6 mois et plus, leur nombre s'est accru plus vite dans les entreprises de moins de 250 salariés que dans les grands groupes. Toutefois, aucun élément n'indique que ces recrutements soient dus à la prime à l'embauche et non à une conjoncture économique favorable.

La Direction du Trésor et le COE-Rexecode ont eux aussi réalisé des évaluations sur les effets de la prime à l'embauche. Les résultats étaient différents de ceux de l'Insee, concluant respectivement à la création de 60 000 emplois supplémentaires et de 50 000 en 2016. 

Source

Le Monde, 02/01/17