Plan 500 000 formations. La note d'étape présente des résultats mitigés

Le Monde s'est procuré une "note d'étape" qui esquisse un premier bilan du plan 500 000 formations supplémentaires pour les demandeurs d'emploi, lancé fin décembre 2015 par François Hollande. Réalisée par un comité scientifique chargé de l'évaluation du dispositif, elle se base sur des éléments "qualitatifs et quantitatifs".

La note démontre que "l'accès à l'emploi dans les 6 premiers mois qui suivent la sortie de formation est resté globalement stable" en 2016 par rapport à 2015. Pour autant, elle n'est pas "une estimation de l'impact" en termes d'insertion professionnelle car il aurait fallu observer "quel aurait été l'accès à l'emploi des mêmes chômeurs s'ils n'avaient pas bénéficié de formation", évaluation qui devrait être menée l'an prochain.

Selon la publication, le précédent gouvernement a atteint ses objectifs d'"1 million d'entrées en formation". L'effort massif des Conseils régionaux et de Pôle emploi a fait augmenter le taux d'accès annuel à la formation des demandeurs d'emploi, passé de 10,4 % en 2015 à 15,1 % en 2016 sur l'ensemble du territoire, outre-mer compris.

Le plan 500 000 formations a surtout bénéficié aux jeunes de plus de 26 ans et aux chômeurs de longue durée, ses coeurs de cible. Les jeunes de moins de 26 ans peu qualifiés "constituent le seul public ayant relativement peu bénéficié du [dispositif]", leur taux d'accès à la formation n'ayant progressé que de 2,5 % entre 2015 et 2016. Il faut cependant préciser que ce public a d'autres dispositifs d'insertion et de formation qui lui sont dédié.

Quelle insertion après une formation ? Sur le demi-million de chômeurs entrés et sortis de formation en 2016, "51,2 % ont eu accès à un emploi d'une durée d'1 mois au plus au cours des 6 mois qui ont suivi la fin de la formation". Ce ratio est similaire à celui de 2014. 27,6 % des stagiaires de 2016 ont décroché, dans les 6 mois suivant leur formation, un contrat de plus de 6 mois, un chiffre en recul de 0,8 % en 1 an. Le recul est même de 1,3 % pour les demandeurs d'emploi de longue durée.

Les auteurs de la note rappellent que ces résultats "sont purement descriptifs et ne constituent pas une mesure de l'effet des formations sur les trajectoires".

Source

Le Monde, 11/11/17