Marché du travail. 1 actif breton sur 3 est en situation de déclassement

Selon l'Insee, sur les 1,26 million d'actifs bretons recensés en 2012, 437 000 occupaient un emploi pour lequel ils étaient surqualifiés. Ce taux de 34,7 % place la Bretagne en tête du classement régional. Le déclassement est même supérieur à 37 % dans les zones d'emploi de Carhaix et de Loudéac. Cette spécificité bretonne s'expliquerait par un niveau de diplôme globalement plus élevé qu'ailleurs et par l'importance des emplois faiblement qualifiés disponibles sur le territoire breton.

Cette situation induit des déséquilibres sur le marché du travail. Beaucoup de salariés sont recherchés pour travailler dans l'industrie, notamment agroalimentaire mais le marché de l'emploi breton offre peu de perspectives pour les cadres et les professions intellectuelles.

La crise économique joue également un rôle, contraignant, dans un contexte de chômage de masse, une partie des actifs à accepter un poste moins qualifié pour s'insérer ou se maintenir en emploi. Le taux de déclassement a ainsi augmenté de 3,9 % en 5 ans contre 3,3 % pour la moyenne nationale.

L'étude souligne que les personnes les plus exposées au déclassement sont les jeunes, les femmes et ceux ayant un niveau bac (62,3 % de taux de déclassement). Les bac +2 et les diplômés de 2e et 3e cycle ont des taux de déclassement respectifs de 39 % et de 44,5 %. Si les diplômes bretons du supérieur occupent majoritairement des postes de professions intermédiaires (enseignement, santé, fonction publique), 5 500 d'entre eux sont ouvriers.

Au-delà du marché du travail et du contexte économique, l'Insee évoque aussi une "préférence culturelle" et un fort enracinement familial qui expliqueraient que les diplômés souhaitent rester travailler dans leur région.

Source

Ouest-France, Le Télégramme, 27/09/17