Intelligence artificielle. Vers un bouleversement des compétences professionnelles

Les Echos, dans un supplément, ont réalisé un dossier consacré à l'impact de l'intelligence artificielle sur les entreprises, l'emploi et les compétences. Pourtant, selon l'étude d'Accenture dévoilée au dernier Forum de Davos, si 72 % des 1 200 cadres sondés estiment que l'intelligence artificielle va jouer un rôle important dans "la capacité des entreprises à se différencier" et que 54 % des dirigeants estiment que "la relation homme-machine constitue une de leurs priorités stratégiques", seuls 3 % envisagent "d'augmenter significativement leurs investissements dans la formation de leurs salariés pour les préparer à cette collaboration".

La transformation des compétences va pourtant être importante : 10 % des emplois seraient susceptibles d'être supprimés et "50 % seront notablement ou profondément transformés", dans tous les secteurs de l'économie et sur tout le territoire. Ce qui suppose "une montée en compétences massive d'une très large partie de la population active. La grande erreur serait de croire que cela ne concerne que les gens sans qualification", prévient Marie-Claire Carrère-Géé, sa présidente. En France, actuellement, 8 % de la population active ne possède aucune compétence numérique et 27 % ont un faible niveau. 13 % des actifs en emploi seraient en difficulté du point de vue des compétences cognitives de base et 30 % devraient progresser "pour disposer de meilleurs atouts".

Outre les compétences, l'intelligence artificielle va nous amener à modifier nos façons de travailler en développant des complémentarités avec la machine. Les atouts de l'humain seront, selon François Taddei directeur du Centre de recherches interdisciplinaires et coauteur d'un rapport sur la société apprenante, sa capacité d'empathie, de communication et de réflexion quand la machine aura la puissance de calcul et de mémorisation. "La dimension relationnelle des métiers va prendre de l'importance", prédit Eric Hazan, directeur associé senior chez McKinsey.

Le sujet est jugé stratégique à l'Ecole de management de Lyon qui vient de se doter d'une direction des nouvelles intelligences (nouveaux enseignements, nouvelles compétences, recherche et prospective sur l'emploi...). Une compétence clé des futurs managers devrait être l'esprit critique face aux analyses de l'IA et l'éthique.

Source

Les Echos spécial, 09/03/18