Groupement d'employeurs. Des freins fiscaux et réglementaires doivent être levés

Issus du monde agricole et présents depuis les années 1980, les 6 500 groupements d'employeurs français font travailler 45 000 salariés en ETP. Près d'une soixantaine se créent tous les ans depuis 2009. Mais, "à la différence de l'intérim qui a su communiquer, les groupements d'employeurs fonctionnent bien mais ne le font pas savoir", déplore Isabelle Le Faucheur, présidente de la Fédération nationale des groupements d'employeurs. Pour les développer, il faut faire sauter les blocages fiscaux ou réglementaires, indique un rapport du Cese.

Les groupements d'employeurs sont souvent de petite taille, réunissant en moyenne une trentaine d'entreprises, surtout des TPE et PME.

Outre leur atout financier (moins cher que les entreprises de travail temporaire), ils offrent aux salariés une sécurité professionnelle. Le Gouvernement les soutient, les identifiant comme des acteurs de la lutte contre la précarité professionnelle. Le Cese indique que les 2/3 de leurs salariés sont en CDI. C'est pourquoi le Gouvernement incite les branches ayant fortement recours aux CDD (propreté, restauration, tourisme...) à y adhérer.

Les entreprises ont également des intérêts à recourir aux groupements d'employeur. Ils leur permettent de pallier les pénuries de main-d’œuvre sans avoir à embaucher en direct ou à temps plein. Par ailleurs, les salariés des groupements d'employeurs "montent plus vite en compétences" selon Patrick Lenancker, auteur du rapport du Cese. L'effort de formation y est en effet supérieur à la moyenne des entreprises : 5 % de la masse salariale contre 2,3 % en moyenne.

Source

Les Echos, 14/11/18