Grand âge. Une mission pour remédier à la pénurie de personnel

Agnès Buzin, ministre des Solidarités et de la santé vient de confier une "mission sur les métiers du grand âge" à Myriam El Khomri. Elle doit "proposer et piloter un plan de mobilisation nationale en faveur de l'attractivité des métiers" afin, promesse d'Emmanuel Macron, de susciter des vocations et de mieux prendre en charge la perte d'autonomie des personnes âgées.

Pour rédiger ce plan, Myriam El Khomri pourra s'appuyer sur les pistes du rapport remis en mars par Dominique Libault, président du Haut Conseil à la protection sociale. Selon lui, si le secteur emploie plus de 850 000 ETP, il faudrait créer entre 150 000 et 200 000 ETP d'ici 2030 pour absorber les départs en retraite et le vieillissement de la population. Pour y parvenir, il préconise une revalorisation salariale des professionnels de l'aide à domicile et la création, d'ici à 2024, de 80 000 postes d'encadrement en Ehpad.

Mais la lettre de mission de Myriam El Khomri ne parle pas de revalorisation financière ou de hausse d'effectifs. Pour Agnès Buzin, l'urgence consiste à améliorer "les conditions d'exercice" des professionnels. Elle souhaite un plan qui accroisse le nombre de personnes diplômées en formation, initiale ou continue. Elle encourage "une revalorisation du métier d'aide-soignante dans les Ehpad", une promotion de l'apprentissage et des métiers du grand âge auprès des demandeurs d'emploi. La lettre de mission insiste également sur la nécessite de "favoriser les parcours professionnels [...] entre les différents métiers du grand âge et entre les établissements et services à domicile".

Les premiers travaux de Myriam El Khomri sont attendus pour le 16 septembre. Le plan de mobilisation définitif devrait être finalisé le 15 octobre. Pour le construire, elle rencontrera les grandes fédérations d'employeurs du secteur et les syndicats. Certains, comme le Synerpa souhaitent la création d'un métier intermédiaire entre l'auxiliaire de vie et l'aide-soignant, d'autres réclament des créations de postes, enfin, certains estiment que réclamer des crédits pour créer des postes alors qu'il n'y a pas de candidat pour les pourvoir est illusoire.

Edouard Philippe a, pour sa part, annoncé, le 12 juin, que "dès le prochain projet de loi de financement de la Sécurité Sociale, nous enclencherons une première étape, avec des mesures favorisant le maintien à domicile et des investissements dans les Ehpad".

Source

Le Monde, 04/07/19