Eolien offshore. Une filière bretonne dans la tourmente

En dévoilant sa feuille de route la semaine dernière, le Gouvernement a voulu rester avec "des objectifs réalistes" en confirmant l'appel d'offres "déjà en gestation" à Dunkerque, en annonçant celui qui "sera attribué en 2020 dans la Manche" et promet de nouveaux projets pour 2023 et 2024. Les professionnels s'attendaient à mieux. Déçue, la filière bretonne s'interroge sur son devenir.

Pour Loïg Chesnais-Girard : "Si les volumes sont trop faibles, aucun industriel français ne voudra investir car on restera en dessous du seuil de rentabilité..." et après l'annonce gouvernementale, il reconnaissait que "la programmation sur l'éolien en mer, n'est pas à la hauteur du potentiel de la Bretagne et de son engagement pour la transition énergétique". Avec la crainte, que les éoliennes soient fabriquées à l'étranger.

Giles Dickson, représentant de Wind-Europe, souligne que le texte de la PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie) "laisse la France en bas de tableau sur l'éolien offshore, ce qui risque de lui faire rater des perspectives d'investissement et d'emploi".

Malgré sa place de deuxième quant à son potentiel dans l'éolien offshore, la France ne possède aucune éolienne... alors qu'il en existe déjà 4 000 en Europe, installées dans 10 pays. Mais les retards s'accumulent dans le grand Ouest : les appels d'offres de 2011 et 2013 n'ont toujours pas engendré les parcs prévus au large de la Normandie et de la Bretagne, maintenant escomptés pour 2021 "au mieux".

La Région Bretagne a investi 220 millions d'euros pour le développement, à Brest, d'un polder consacré aux énergies marines renouvelables. Il servira notamment de base à la réalisation des fondations des éoliennes du futur parc en baie de Saint-Brieuc.

La Région et les industriels espèrent fléchir la position du Gouvernement sur l'éolien flottant. Pour Pierre Karleskind, la filière a besoin "de visibilité pour investir" : "Nous demandons que l'appel d'offres portant sur 250 MW soit avancé à 2019, et qu'un autre appel d'offres, cette fois-ci pour 500 MW, soit lancé dans la foulée".

Le décret sur la PPE doit être publié au printemps 2019.

Source

Ouest-France, Le Monde, 28-29-30/11/18