Egalité professionnelle. Les diplômés des grandes écoles gagnent 11 % de plus que leurs collègues féminines

Selon l'enquête annuelle de la Conférence des grandes écoles (CGE), un jeune diplômé des grandes écoles gagne, en moyenne, 11 % de plus qu'une jeune diplômée. Outre le salaire plus bas, les femmes sont moins en CDI que leurs collègues masculins (79 % contre 86 %) et ont moins le statut de cadre qu'eux (75 % contre 83 %).

Anne-Lucie Wack, la présidente de la CGE, indique que "ce delta est plus ou moins sensible selon les secteurs d'activité mais il est presque toujours en défaveur des femmes. Et il s'aggrave au cours de la carrière. Les inégalités sont "liées à la place des femmes dans la société, au leadership encore très masculin dans le public comme dans le privé, ainsi qu'aux schémas mentaux et stéréotypes de genres qui subsistent à tous les niveaux, individuels et collectifs". 

Aussi, les écoles de commerce proposent des modules pour lutter contre ces inégalités et sensibiliser les étudiants. Toulouse Business School (TBS)a ainsi lancé en 2016 un programme de mentoring féminin. A Nantes, Audencia a mis en place des séminaires de "négotraining" pour aider les femmes à négocier leurs salaires. Pour autant, ces initiatives n'ont pas encore porté leurs fruits. Evelyne Kuoh, présidente du réseau de diplômées HEC au féminin indiquent que les écoles "ont encore du boulot pour mieux informer leurs élèves sur les écarts de salaires, et sur tous les aspects légaux autour de ces questions". Autre difficulté : "les étudiantes se sentent peu concernées. [...] Il y a chez certaines beaucoup d'incrédulité". 

Source

Le Monde, 09/11/17