Egalité professionnelle. 15 mesures pour en finir avec les inégalités salariales et lutter contre les violences sexistes et sexuelles

Le Gouvernement a présenté le 9 mai 15 actions qui doivent permettre de mettre fin aux 9 % d'écart salarial injustifié entre les femmes et les hommes. Ces actions, qui nécessitent des mesures législatives, seront reprises dans le cadre de la loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel ». Différents plans ont déjà tenté de lutter, sans succès, contre cette inégalité. A combien se chiffre en France cet écart salarial qui varie grandement selon les modes de calcul ?

Selon Matignon, les femmes "à poste et âge équivalents", gagnent un salaire de 9 % inférieur à celui des hommes quand l'Insee annonce un écart moyen de 23,8 % en 2014 "dans l'ensemble du secteur privé et de la fonction publique". Pour Eurostat, organisme européen des statistiques, en 2016, le salaire horaire brut féminin français est inférieur de 15,2 % à celui des hommes, un écart légèrement inférieur à la moyenne européenne (16,2 %). L'écart est de 5,3 % en Italie, un des pays les plus égalitaires quand il est de 21,5 % et de 21 % en Allemagne et au Royaume-Uni.

Comment expliquer cet écart ? Les femmes sont plus souvent à temps partiel et réalisent moins d'heures supplémentaires que les hommes. Cependant, cette explication ne suffit pas car, selon l'Insee, lorsqu'on raisonne en équivalent temps plein (ETP), les françaises gagnent en moyenne 17,4 % de moins que les hommes. Cet écart salarial est plus marqué chez les seniors ainsi que chez les cadres et les ouvriers, deux catégories socioprofessionnelles où les femmes sont minoritaires. A l'inverse, il est plus faible (10 %) parmi les employés, où les femmes sont surreprésentées. Autre facteur à prendre en compte : les femmes sont plus nombreuses à occuper des CDD moins rémunérés et sont concentrées dans des métiers "moins rémunérateurs", comme l'a démontré une étude de la Dares.

Toutefois, même en tenant compte de ces éléments, il reste un écart salarial non expliqué que veut combattre le nouveau plan du gouvernement Macron.

Source

Le Télégramme, 11/05/18