Automobile. Le recul du diesel menace 15 000 emplois en France

La baisse accélérée des ventes de véhicules diesel et les évolutions technologiques dans les nouvelles motorisations menacent, à l'horizon 2030, de 10 000 à 15 000 postes selon une étude de l'Observatoire de la métallurgie et de la Plateforme automobile (PFA). Les immatriculations de véhicules diesel pourraient même tomber à 13,2 % en 2030 (70 % en 2011, 47 % en 2017, moins de 40 % en 2018) au profit des motorisations hybrides et électriques (24,1 %).

Ces évolutions ont déjà des conséquences sur l'industrie "en particulier la fonte d'acier et d'aluminium, l'usinage et l'assemblage de pièces mécaniques spécifiques aux moteurs Diesel (buses d'injection, carters)", qui sont déjà "directement confrontés à des baisses de commandes de la part des constructeurs".

Selon les auteurs de l'étude, 6 établissements de fournisseurs et de sous-traitants, dont celui de Bosch à Rodez, sont déjà en "crise avérée à traiter d'urgence". Une trentaine d'autres sont "très fragilisés" et "sous le coup d'une menace grave et imminente". Au total, 5 500 emplois sont déjà en situation critique. Ils annoncent également que les destructions d'emplois ne seront pas compensées par les nouveaux besoins liés aux motorisations dites "propres", sauf si "une véritable filière européenne et française des batteries" est créée.

L'étude recense aussi les nouvelles compétences liées aux véhicules électriques, connectés et autonomes. Entre 2018 et 2022, l'industrie automobile aura besoin de 25 000 nouvelles recrues par an, dont 8 000 ingénieurs, 6 000 techniciens et agents de maîtrise et 9 000 ouvriers formés en intelligence artificielle, Big Data, électronique de puissance ou robotisation.

Source

Les Echos, 28/12/18